Les plus beaux looks des César

La 42è cérémonie des César a tenu toutes ses promesses : favoris récompensés, chapelet de discours engagés et mise en valeur de la diversité dans le monde du cinéma français. Pour sa première édition salle Pleyel, la soirée du septième art a voulu marquer le coup, et elle a brillamment réussi.

Brillante soirée donc, comme les Divines Oumaya Amamra, César du meilleur espoir féminin, Houda Benyamina, César du meilleur premier film et Déborah Lukumuena, César de la meilleure actrice dans un second rôle. Trois femmes qui ont su toucher en racontant la banlieue, trois femmes dont les discours très émouvants ont accompagné les remises de prix.

Brillante donc, comme Elle, autrement connue sous le nom d’Isabelle Huppert, qui a reçu, sans surprise, il est vrai, le César de la meilleure actrice. Le réalisateur du film, Paul Verhoeven, s’est vu remettre celui du meilleur film des mains de monsieur Pedro Almodovar.

Forte de cette nouvelle récompense, Elle s’envole pour Los Angeles où elle espère réaliser un triplé Golden Globe, César, Oscar. Nous lui souhaitons bonne chance.

Brillante donc, comme ce réalisateur, ultra doué, l’un des meilleurs de sa génération, le plus français des réalisateurs canadiens et prince de CannesXavier Dolan a reçu les César du meilleur réalisateur et du meilleur montage pour Juste la fin du monde. Son Louis, interprété par Gaspard Ulliel, a été sacré meilleur acteur.

Brillante donc, comme le sourire de ce musicien chouchou du public et de la critique, magicien des notes qui, avec sa désormais célèbre trompette, nous emporte dans des univers métissés chaque fois qu’il joue. Ibrahim Maalouf a reçu son premier César pour la musique de film du très beau Dans les forêts de Sibérie.

Brillante donc, comme l’émotion de Niels Schneider, César du meilleur espoir masculin pour son rôle dans Diamant noir.

Brillante donc, comme le film d’animation Ma vie de courgette, qui a récolté deux prix : celui du meilleur film d’animation, attribué à Claude Barras et celui de la meilleure adaptation, attribué à Céline Sciamma.

Brillante donc, comme la distinction, intelligente, de deux court-métrages portés par deux réalisatrices de talent Maïmouna Doucouré et Alice Diop. Les deux femmes ont remporté ex-aequo le César du meilleur court-métrage, respectivement pour Maman(s) et Vers la tendresse. Des sujets forts rarement abordés dans un cinéma où « l’expérience africaine » est limitée à sa vision par des réalisateurs souvent Blancs (et donc non acteurs ladite expérience). Alice Diop a d’ailleurs profité de la tribune qui lui était offerte pour réclamer justice pour les « inaudibles », notamment Théo et Adama Traoré.

Elle n’a pas été la seule à donner à la cérémonie une couleur légèrement politique. Avant elle, François Ruffin, César du meilleur film documentaire pour Merci Patron, se lançait dans un discours engagé en faveur de la protection du travail des ouvriers, en dressant un parallèle bien senti entre la productivité des plus faibles (les ouvriers) et celle des plus forts (les parlementaires, sept fois plus chers en France qu’en Pologne). Un discours bien vu, chaleureusement applaudi par la salle.

Ken Loach, récompensé pour Moi, Daniel Blake, César du meilleur film étranger (et Palme d’Or à Cannes), a fait lire un discours dans lequel il a appelé la France à faire barrage à la droite à l’occasion de la prochaine élection présidentielle.

La soirée a également été marquée par la remise, exceptionnelle, de deux César d’honneur : le premier pour couronner la carrière de George Clonney, venu accompagné de sa femme Amal. L’acteur, réalisateur et producteur américain a tenu un discours de remerciement mi-dédié à l’art et mi-engagé (principalement anti-Trump) aux côté de son copain de plateau et de publicité Jean Dujardin. Et le second, également présenté par Jean Dujardin, a été remis à l’icône française Paul Belmondo, très ému devant la longue standing ovation que le public lui a offerte.

Une soirée brillante, donc, qui s’est terminée sur une note d’espoir : celle de voir l’une des plus grandes représentantes du cinéma français en passe de laisser sa marque dans l’histoire du cinéma américain.

 

 

Photos AFP via Zimbio.

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